La peau est l'organe le plus étendu du corps humain (environ 1,7 m² chez l'adulte, 3 à 5 kg). Elle constitue une barrière protectrice entre l'organisme et le milieu extérieur. Elle est composée de trois couches superposées :
Figure 1 — Coupe transversale de la peau : les pigments de tatouage sont deposés dans le derme (Source : Servier Medical Art, CC BY 4.0)
Couche la plus superficielle, l'épiderme est un épithélium stratifié kératinisé. Il est composé de plusieurs couches cellulaires (de la profondeur à la surface) :
Les pigments de tatouage doivent être déposés dans le derme, au-delà de l'épiderme. Un dépôt trop superficiel (dans l'épiderme) entraîne une disparition rapide du pigment lors du renouvellement cellulaire. Un dépôt trop profond (hypoderme) provoque une diffusion du pigment (« blowout »).
Le derme est un tissu conjonctif dense situé sous l'épiderme. Il assure la solidité, l'élasticité et la nutrition de la peau. Il se divise en :
Le derme contient :
Couche la plus profonde, l'hypoderme est un tissu adipeux (graisse) qui assure l'isolation thermique, la protection mécanique et constitue une réserve énergétique. Son épaisseur varie considérablement selon les zones du corps.
Les muqueuses tapissent les cavités corporelles en communication avec l'extérieur (bouche, nez, yeux, organes génitaux, anus). Contrairement à la peau, les muqueuses :
Le perçage des muqueuses (langue, lèvre, septum nasal, organes génitaux) nécessite des précautions spécifiques : risque hémorragique accru, flores microbiennes à prendre en compte, choix du bijou adapté (matériau biocompatible, taille appropriée pour l'oedème initial), soins post-acte spécifiques.
Figure 2 — Les 4 phases de la cicatrisation cutanee (Source : Servier Medical Art, CC BY 4.0)
La cicatrisation est le processus physiologique de réparation tissulaire qui se met en place après toute effraction cutanée ou muqueuse. Elle se déroule en quatre phases successives :
Dès la blessure, les vaisseaux lésés se contractent (vasoconstriction) pour limiter le saignement. Les plaquettes s'agrègent pour former un clou plaquettaire, puis la cascade de coagulation produit un caillot de fibrine.
Les signes classiques apparaissent : rougeur, chaleur, gonflement, douleur. Les cellules immunitaires (neutrophiles, macrophages) migrent vers la zone lésée pour éliminer les débris et combattre les agents infectieux. Cette phase est normale et nécessaire.
Les fibroblastes produisent du collagène et de la matrice extracellulaire pour combler la perte de substance. De nouveaux vaisseaux se forment (angiogenèse). L'épiderme commence à se reconstituer depuis les berges de la plaie (réépithélialisation).
Le tissu cicatriciel se réorganise progressivement. Le collagène se restructure, la cicatrice s'aplanit et s'éclaircit. Cette phase peut durer jusqu'à 2 ans.
| Facteurs favorables | Facteurs défavorables |
|---|---|
| Bonne hygiène de la plaie | Infection |
| Alimentation équilibrée (vitamines A, C, zinc) | Tabagisme (diminue la microcirculation) |
| Hydratation adéquate | Diabète, immunodépression |
| Repos de la zone | Frottements mécaniques répétés |
| Suivi des consignes post-acte | Exposition solaire précoce |
| Âge jeune | Traitements (corticoïdes, anticoagulants, immunosuppresseurs) |
La cicatrisation d'un tatouage dure en moyenne 2 à 4 semaines pour la phase superficielle. Pendant cette période, les pigments sont progressivement encapsulés par les macrophages et les fibroblastes dans le derme, ce qui assure leur permanence. Une mauvaise cicatrisation peut entraîner une perte de pigment, une déformation du dessin ou une infection.